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Pollution aux phtalates : les réserves naturelles ne sont pas épargnées

ETUDE - Des chercheurs ont montré que la pollution aux phtalates atteignait les moindres recoins de la planète.

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Pollution aux phtalates : les réserves naturelles ne sont pas épargnées

En Guyane se trouve la deuxième plus grande réserve naturelle de France (105.000 hectares), au coeur de la forêt tropicale humide. La réserve des Nouragues est un endroit unique au monde pour sa biodiversité. Interdite au public, elle n'est accessible aux chercheurs que par hélicoptère ou après plusieurs heures de pirogue pour remonter le fleuve Approuague, puis la rivière Arataye. Il s'agit donc d'un lieu particulièrement préservé et protégé.

Il y a quelque temps, une équipe de chercheurs dirigée par Alain Lenoir de l'Institut de Recherche sur la Biologie de l'Insecte, laboratoire du CNRS et de l'université de Tours, a prélevé quelques fourmis dans cette zone afin d'analyser les molécules présentes sur leur cuticule, c'est-à-dire sur leur peau. L'objectif était de vérifier si dans un des coins les plus reculés de la planète, on pouvait retrouver des traces d'une pollution aux phtalates. Phtalates que l'on utilise dans la fabrication des cosmétiques, des meubles, des plastiques, des colles…

La réponse fut malheureusement affirmative. Les quantités de phtalates détectées sur ces fourmis Solenopsis saevissima ne laissent aucun doute : portés par les vents, les phtalates se retrouvent partout sur Terre. On savait déjà que l'ours polaire était contaminé mais il se trouve au sommet de la chaîne alimentaire. On suspectait donc son alimentation. La fourmi, elle, à la base de la chaîne alimentaire, apporte la preuve d'une contamination environnementale.

L'étude, publiée en 2016 dans Environmental Science and Pollution Research, confirme également qu'il s'agit bien d'une pollution d'origine humaine, car la quantité de phtalates retrouvée sur les fourmis guyanaises augmente lorsqu'on se rapproche des voies de communication, puis des zones urbaines, en fonction donc de la quantité de plastique présent dans l'environnement. Evidemment les phtalates ne se contentent pas de rester sur la cuticule des fourmis. En quelques jours seulement, ces perturbateurs endocriniens pénètrent dans l'organisme des insectes.

Une autre étude du CNRS coordonnée par Virginie Cuvillier-Hot et publiée en 2014 dans Environmental Research montre que cela a une influence sur leur santé. En laboratoire, des Lasius Niger, classiques petites fourmis noires de nos jardins, ont été exposées à des phtalates. Les reines ont vu diminuer de 40% leur fertilité, et le système immunitaire des ouvrières a été perturbé. Qu'en est-il dans la nature ? Combien de temps persistent les effets ? Toutes ces questions restent en suspens, mais les études comme celles-ci se multiplient et l'étau se resserre autour des perturbateurs endocriniens.

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