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Santé à l'étranger : les dangers de l'épilation intime

Des données américaines révèlent que la santé de plus en plus de femmes, mais aussi d'hommes, peut être mise en danger par l'épilation de leur zone génitale. Avec une mode croissante de l'option "intégrale" selon les résultats d'une étude publiée dans la revue JAMA Dermatology. Les explications avec Géraldine Zamansky, journaliste du Magazine de la santé.

Rédigé le , mis à jour le

Santé à l'étranger : les dangers de l'épilation intime

Dans le cadre de cette étude publiée cet été dans la revue JAMA Dermatology, 3.316 Américaines ont répondu à un questionnaire sur l'épilation conçu par des gynécologues et des urologues de l'Université de Californie à San Francisco. Plus d'une femme sur cinq avait déjà entièrement épilé son pubis. Et près de huit sur dix s'épilent régulièrement "le maillot". Concernant les motivations, seulement une femme sur cinq s'épile pour le plaisir de son partenaire. En tête de liste des motivations, on trouve l'hygiène, la propreté, mise en avant par près de 60% des sondées.

L'épilation pubienne, avantages et inconvénients

Une étude[1] s'est portée sur les raisons de l'épilation intégrale. Même si elle a été pratiquée dès les sociétés antiques, sa recrudescence actuelle est vraisemblablement liée aux images pornographiques en libre accès sur Internet.

Pour les chercheurs, les poils pubiens, ou plutôt leur absence, signerait un mode d'expression de la sexualité et déterminerait à quel point vous êtes à la page (ou pas).

Ses avantages restent anecdotiques : l'absence de poils pourrait augmenter les sensations sexuelles, notamment parce que le sexe est plus accessible sans la toison pubienne… Ce qui ne compense par les risques médicaux, si l'on en croit les médecins !

L'épilation, source d'infections

L'épilation peut générer des problèmes d'infections. Car toutes les techniques (rasage, épilation à la cire, laser...) peuvent irriter voire blesser la peau. Et qui dit blessure, dit risque accru d'infection locale, et même de maladie sexuellement transmissible, comme par exemple le molluscum contagiosum [1]. Il est prouvé que les poils pubiens constituent un réservoir[2] pour le papillomavirus humain, un virus sexuellement transmissible, responsable de condylomes et associé à certains cancers (col de l'utérus, pénis, anus,…). Les micro-plaies générées par l'épilation ou le rasage augmentent le risque de contracter une infection à HPV.

Une autre étude publiée dans la revue Urology en 2012 montre qu'en 2010, les hommes étaient cinq fois plus nombreux à arriver aux Urgences à cause d'un rasage intime qui avait mal tourné qu'en 2002.

Il existe également d'autres problèmes qui ne sont pas visibles dans l'immédiat. Le plus connu est le poil incarné[3] qui survient plus fréquemment après un rasage qu'une épilation à la cire. Le poil coupé ne parvient ensuite pas à retraverser la peau. Le poil crée sous la peau une cavité qui se remplit de pus. Dans ce cas, n'hésitez pas à consulter un dermatologue pour ne pas laisser la situation s'aggraver.

La lutte contre l'épilation intime s'organise

Cameron Diaz, star d'Hollywood, tente depuis plusieurs années d'alerter les Américaines sur les risques de l'épilation, notamment dans un livre le "Body Book". Elle rejette particulièrement l'épilation définitive au laser, en signalant les risques de brûlure. Mais aussi une autre source de regret moins "sanitaire" mais convaincante : au fil des années, les poils peuvent s'avérer de précieux alliés pour cacher un peu les effets du vieillissement sur cette partie de notre anatomie.

Il existe d'ailleurs une chirurgie de greffe de poils pubiens en assez fort développement, surtout en Asie où sévit un peu plus qu'ailleurs l'athicrosis pubien, une maladie qui laisse le pubis "nu". En Corée, c'est une véritable activité dans les cliniques qui ont initialement développé une expertise de greffe de cheveux...

Les poils sont tellement précieux qu'ils ont peut-être été à l'origine d'une médaille d'or aux JO de Rio. En effet, les cyclistes britanniques sont montées sur la première marche du podium grâce à une consigne très intime de leur médecin : ne pas s'épiler "le maillot". Leurs poils auraient protégé leur peau des risques d'irritation à cause des heures passées sur la selle.


[1] Pubic hair removal: a risk factor for ‘minor’ STI such as molluscum contagiosum ? Desruelles. Sex transm Infect. 19-03-2013. doi:10.1136/sextrans-2012-050982

[2] Anogenital hairs are an important reservoir of alpha-papillomaviruses in patients with genital warts. Poljak. J Infct Dis. 01-05-2009. 199(9):1270-4.

[3] Complications related to pubic hair removal. Demaria. Am J Obstet Gynecol. Juin 2014. doi: 10.1016/j.ajog.2014.01.036

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