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Huiles végétales : des vertus anti-cholestérol qui montrent leurs limites

Substituer les graisses animales par des huiles végétales fait baisser le taux de cholestérol mais ne diminue pas la mortalité cardiovasculaire. Une étude américaine revient sur des données collectées dans les années 60-70 et qui allaient déjà dans ce sens.

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Huiles végétales : des vertus anti-cholestérol qui montrent leurs limites
Huiles végétales : des vertus anti-cholestérol qui montrent leurs limites

Mardi 12 avril, des chercheurs américains ont publié dans le British Medical Journal, une étude portant sur l’analyse de données collectées entre 1968 et 1973 et jamais publiées et d’études plus tardives. Elle se base sur une expérimentation visant à substituer dans l’alimentation, des graisses animales par des huiles végétales riches en acide linoléique. Cette étude met en évidence que la diminution du taux de cholestérol sanguin consécutive à ce type régime n’a pas d’impact sur la morbidité et la mortalité cardiovasculaire. Plus la consommation d’huiles végétales riches en acide linoléique, de la famille des omégas 6, est élevée, plus le taux de cholestérol baisse. Mais, paradoxalement, plus le risque de mortalité, toutes causes confondues, augmente.

Les oméga 6 se retrouvent dans l’huile de palme, de maïs, de pépins de raisins, de tournesol, d’arachide. Les oméga 3 existent en quantité dans l’huile de colza. Oméga 6 et oméga 3 sont des acides gras polyinsaturés.

L’huile d’olive contient des acides gras mono-insaturés ; elle est dite neutre car elle ne contient ni oméga 6, ni oméga 3 mais reste excellente pour la santé.

Pas de lien entre taux de cholestérol et risques cardiovasculaires

Selon le Docteur Olivier Coudron, médecin nutritionniste, "il n’y a rien de nouveau à cela. Dans les années 1980, pour éviter une surcharge en graisses saturées responsables de maladies cardiovasculaires, on a émis l’hypothèse qu’il fallait baisser le taux de cholestérol sanguin. On a alors pris le cholestérol pour un facteur de risque alors qu’il n’est qu’un marqueur biologique". Pour lui, "il n’y a pas forcément de lien de causalité entre la baisse du taux de cholestérol et la morbidité et la mortalité cardiovasculaire. On donne donc un aliment qui fait baisser le cholestérol mais qui a aussi plein d’autres effets, dont certains sont pires : les oméga 6 sont des agrégants plaquettaires lorsqu’ils sont en excès , ils ont des propriétés inflammatoires. Ce sont là les véritables causes de la maladie cardiaque et de l’athérothrombose, c'est à dire la formation de caillots sanguins pouvant obstruer les vaisseaux".

Alors pourquoi les chercheurs américains ont-ils publié une étude sur des données déjà connues du monde médical ? D’après eux, la preuve qu’un régime pauvre en graisses saturées faisait baisser le taux de cholestérol a été clairement établie par des essais randomisés. En revanche, le lien entre le taux de cholestérol et la diminution de la morbidité et de la mortalité cardiovasculaires n’était basé que sur des études observationnelles. Ils ont donc recherché des données tirées d’essais cliniques permettant de se prononcer sur l’effet réel de la consommation d’huiles végétales riches en acide linoléique sur les maladies cardiovasculaires et la mortalité, toutes causes confondues. Ce que l’expérimentation menée entre 1968 et 1973 a notamment permis de faire.

Par ailleurs, les politiques publiques des années 1980 aux Etats-Unis, insistaient, tout comme en France, sur le nécessaire remplacement des graisses saturées par des graisses végétales avec, par conséquent, des effets délétères sur la population.

Pour autant, cette étude a fait grincer des dents, notamment celles du Pr Frank M. Sachs, spécialiste de la prévention des maladies cardiovasculaires à Boston. Il a jugé que l’étude n’était "pas fiable". Selon lui, il faut "au moins deux ans pour qu’un traitement visant à diminuer le cholestérol ait un effet sur les maladies cardiovasculaires". Or, l’expérience menée entre 1968 et 1973 a duré à peine plus d’un an, en moyenne, pour chacun des participants.

Consommer plus d’oméga 3 que d’oméga 6 ?

Loin de ces querelles américaines, la France adopte une autre démarche : "depuis 2010, on a abandonné l’idée qu’il fallait diminuer les graisses saturées, parce que ce n’était pas bon pour le cœur. Il n'y a que trois acides gras qu'on conseille d'éviter : l’acide laurique et l’acide myristique qu'on trouve dans l'huile de coco et l’acide palmitique, qui, consommés en excès ne sont pas bons", précise le Dr Coudron.

Le médecin rappelle également qu'"il faut absolument manger plus d’oméga 3 et moins d’oméga 6. Les recommandations pour une bonne santé, cardiovasculaire entre autres, sont de consommer plus de deux grammes d’acide alpha linolénique, un oméga 3 végétal. Or, la moyenne de consommation française est en dessous d’un gramme. On est donc sous la barre des 50% de nos besoins essentiels chaque jour. C’est dramatique".

Il est donc grand temps de se ruer… sur l’huile de colza !

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