Vers la fin du stéthoscope ?

Le stéthoscope qui fêtera son 200ème anniversaire en 2016 va t-il bientôt disparaître ? C'est en tout cas ce qu'affirment, selon la BBC, les professeurs Jagat Narula et Bret Nelson de l'école de Médecine Mount Sinai à New York dans la revue Global Heart. D'autres ne sont pas de cet avis et pensent qu'aucun instrument ne pourra remplacer le stéthoscope, véritable symbole du médecin.

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Vers la fin du stéthoscope ?
Vers la fin du stéthoscope ?

Les professeurs Jagat Narula et Bret Nelson de l'école Mount Sinai de New York sont formels : le stéthoscope disparaîtra d'ici quelques années au détriment d'appareils échographiques aussi petits qu'un Smartphone.

Le stéthoscope provient du mot grec stêthos qui signifie "poitrine" et scope du grec ancien, "observer". Le Dr René Laennec, médecin français, a créé le premier stéthoscope il y a presque 200 ans, en 1816 avec une simple feuille de papier dont une extrémité était collée à l'oreille du médecin et l'autre posée sur la poitrine du patient pour écouter son cœur. Il créa ensuite son premier modèle "mono" avec un seul écouteur. Ce n'est qu'en 1860 que le stéthoscope binaural (2 écouteurs) fit son apparition.

L'échographie pourrait remplacer le stéthoscope

Le stéthoscope est utilisé principalement pour écouter le cœur, les poumons et l'abdomen afin de rechercher des bruits anormaux. Le médecin s'aide de cet instrument pour diagnostiquer par exemple au niveau du cœur un souffle témoignant d'une anomalie d'une valve cardiaque, des bruits anormaux pulmonaires pouvant évoquer une infection ou une crise d'asthme.

Les deux professeurs new-yorkais prétendent que la technologie étant de plus en plus précise, des appareils échographiques portatifs "de la taille d'un jeu de cartes" pourront d'ici quelques années, se substituer totalement au stéthoscope.

D'après eux, l'échographie apporterait plus d'informations que l'instrument acoustique pour diagnostiquer rapidement des maladies, éliminer les cas d'urgence et guider le médecin lors de la réalisation de gestes invasifs. "Les futurs étudiants en médecine seront formés avec les appareils échographiques portables pendant leurs années d'études", supposent le Pr Narula et le Pr Nelson.

Ils reconnaissent néanmoins que si cela arrive un jour, il y aura toujours des traditionalistes qui préfèreront garder leur stéthoscope autour du cou, comme un amateur de musique conserve ses disques vinyles.

"Une image ne suffit pas pour faire un diagnostic"

Le Dr Sarah Clarke, cardiologue à l'hôpital Papworth à Cambridge (Royaume-Uni) et vice-présidente de la Société britannique de cardiologie n'est pas du même avis. Elle est catégorique : le stéthoscope ne sera jamais remplacé. Cet accessoire est, d'après elle, l'outil principal du médecin.

"Vous ne pouvez pas remplacer ce que vous entendez si vous êtes un médecin. Une image ne suffit pas, il faut la resituer dans un contexte. Une échographie portable ne vous donne pas le même niveau d'informations et de détails pour établir un diagnostic", précise-t-elle.

Elle ajoute que le médecin peut utiliser une échographie sur un patient mais seulement après avoir écouté le cœur ou les poumons à l'aide du stéthoscope. "La compétence est dans l'interprétation de ce que vous entendez", ajoute le Dr Clarke.

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