Vaccination anticipée contre le papillomavirus : l'exemple australien

Selon une étude de l'Institut de Veille Sanitaire français (InVS) publiée en mars 2013, moins d'un tiers des adolescentes françaises sont aujourd'hui vaccinées contre les papillomavirus humains (HPV). En Australie, une campagne de vaccination en milieu scolaire, menée depuis depuis 2007 auprès des jeunes filles de 12 et 13 ans, avait permis d'atteindre une couverture vaccinale de 73% dès 2010. Selon une évaluation publiée dans le British Medical Journal, la proportion de verrues génitales (condylomes) au sein de la population a drastiquement diminué en six ans, démontrant l'efficacité d'une couverture vaccinale étendue.

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Vaccination anticipée contre le papillomavirus : l'exemple australien
Vaccination anticipée contre le papillomavirus : l'exemple australien

Depuis 2007, tous les collèges d'Australie proposent aux jeunes filles âgées de 12 et 13 ans - avec accord parental - une vaccination contre les formes courantes du papillomavirus humain (HPV). Selon des bilans réalisés par des experts australiens, deux ans après le début de la campagne, la proportion de verrues génitales chez les jeunes filles vaccinées avait diminué de près de 60%. En 2010, 73% des jeunes Australiennes de plus de 12 ans avaient reçu les trois doses de vaccin nécessaires pour être protégées.

Le nouveau calendrier vaccinal français publié en avril 2013 recommande la vaccination contre les infections à papillomavirus humains (HPV) aux jeunes filles âgées de 11 et 14 ans. Le rattrapage vaccinal est désormais recommandé jusqu'à l'âge de 20 ans (19 ans révolus), "la vaccination étant d’autant plus efficace que les jeunes filles n’ont pas encore été exposées au risque d’infection par le HPV".

Une nouvelle évaluation, publiée mi-avril 2013 dans le British Medical Journal, dresse un tableau actualisé de l'impact de l'initiative australienne. L'étude porte sur les consultations effectuées de 2004 à 2011 par 85.000 patientes dans huit centres de santé. En 2004, 8,9% des femmes ayant poussé la porte d'un de ces centres présentaient des verrues génitales. En 2007, leur proportion avait atteint 9,6%.

En 2011, soit quatre ans après le début de la campagne, seules 2,7% des patientes présentaient des condylomes. La proportion de femmes âgées de 21 à 30 ans consultant pour cette affection est passée de 11,3% en 2007 à 3,1% en 2011. De manière plus flagrante, alors que 11,5% des patientes âgées de moins de 21 ans présentaient ce symptôme l'année de lancement du programme, elles n'étaient plus que 0,85% en 2011 (soit une réduction de près de 93%). Les patientes atteintes étaient exclusivement des jeunes femmes n'ayant reçu aucune dose de vaccin.

La vaccination ne protégeant pas que les personnes vaccinées, la proportion d'hommes hétérosexuels atteints de condylomes a également chuté : de 18,2 % en 2007 à 8,9 % en 2011 pour les individus âgés de 21 à 30 ans, et de 12,1% à 2,2% pour les moins de 21 ans (soit une réduction de plus de 80%). Les auteurs de l'étude observent en revanche que la proportion des hommes hétérosexuels de plus de 30 ans présentant des condylomes n'a pas diminué au fil des ans.

A partir de 2013, la campagne de vaccination scolaire gratuite australienne doit être étendue aux garçons âgés de 12 à 13 ans. Les jeunes hommes de 14 à 15 ans seront également vaccinés jusqu'en 2014.

Source : Genital warts in young Australians five years into national human papillomavirus vaccination programme: national surveillance data. Ali H et coll. BMJ 2013. doi: 10.1136/bmj.f2032

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