Subutex® : drogue ou médicament ?
Par La rédaction de Allodocteurs.fr
rédigé le 23 juillet 2012, mis à jour le 23 juillet 2012
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Huit ressortissants français sont actuellement écroués à l'Ile Maurice, ils ont été arrêtés en possession d'une grande quantité de comprimés de Subutex®. Introduit illégalement vers 1999, le Subutex® fait l'objet d'un trafic très repandu à l'Île Maurice. Son usage détourné est à l'origine de plusieurs décès par overdose. Considéré là-bas comme une drogue, ce médicament est prescrit en France pour traiter la dépendance aux opiacés.
Subutex® : drogue ou médicament ?
Le Subutex®, ou buprénorphine haut dosage, a des effets psycho-actifs importants comme tous les opiacés, et il peut faire l'objet d'un abus et d'un usage détourné, rejoignant alors le groupe des drogues. En France, il est autorisé par la loi et commercialisé depuis 1996 sous la forme de comprimés, comme traitement de substitution à l'héroïne. Il est soumis à une prescription médicale, mais fait l'objet d'une surveillance similaire à celle appliquée pour les substances stupéfiantes, le nom du pharmacien qui le délivre doit obligatoirement être inscrit sur les ordonnances et un protocole de soins doit être mis en place en cas de non respect de la prescription.
Selon l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (Ansm), 130 000 personnes ont bénéficié d'un traitement de substitution aux opiacés, dont 80 % à base de buprénorphine haut dosage en 2009. Cete substance possède l'avantage d'avoir un délai d'action plus lent qui permet de diminuer les doses très progressivement jusqu'à l'arrêt du traitement.
Il n'est pas classé comme stupéfiant en tant que tel mais mais la molécule, qui remplace la consommation d'héroïne, entraîne une dépendance psychique et physique forte. C'est pourquoi elle est soumise à une surveillance stricte dans le cadre d'un sevrage.
En France aussi le trafic est étendu, grace à des ordonnances de complaisance, les comprimés sont revendus sur le marché noir et souvent leur mode d'administration est détourné. Le Subutex® est alors injecté en intraveineuse ou en intramusculaire, sniffé ou encore fumé. Selon Drogues Info Service, le mode d'administration ne change pas les effets du produit, mais ainsi consommé, il risque d'être associé à d'autres substances et le cocktail pourrait causer des dommages irreversibles. De plus, hors d'une prescription et d'un suivi médical, cette substance peut être à l'origine de problèmes hépatiques, cardiaques ou encore respiratoires.
Pour lutter contre le trafic encore très présent de la buprénorphine, l'Ansm a mis en place depuis 2006 un plan de gestion des risques liés à cette molécule et ses génériques comprenant notamment un plan de surveillance renforcée d'addictovigilance et de pharmacovigilance.
En savoir plus
- Ansm
- Subutex et génériques
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Vos commentaires
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Dr Tourmente - Allodocteurs.fr
@addictolibre : merci pour ces précisions. Il est vrai que l'article prête à confusion, il va être modifié. Si vous êtes addictologue, accepteriez-vous d'être cité (et donc de communiquer votre nom) ? Merci.Modérateur Citer
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Addictolibre
Cher monsieur, Le besoin d'information sur la buprénorphine est important, et dans ce sens votre intention est très louable. En revanche il y'a beaucoup d'inexactitudes, voire d'erreurs dans cet article. Je prend par exemple les éléments suivants : « Le Subutex®, ou buprénorphine haut dosage, a des effets psycho-actifs importants comme tous les opiacés, et en ce sens il rejoint la liste des drogues. » Tous les opiacés ne produisent pas d'effets psychoactifs de la même intensité, ou pouvant être considérés comme importants. L'héroïne rentre dans cette catégorie, en revanche la codéine, utilisée fréquemment comme analgésique, est un opiacé, et ne peut pas du tout être considéré comme ayant effets psycho-actifs importants. Les effets de la buprénorphine utilisée de manière thérapeutique ne produit pas non plus d'effets psychoactifs importants. De plus, les effets de la buprénorphine par voie intraveineuse (biodisponibilité quasi de 100%) ne sont pas les mêmes que ceux par voie sublinguale (biodisponibilité de ~30%). Par voie intraveineuse ou intranasale, elle peut produire des effets dits « flash » ou euphorisants grâce à une arrivée brutale au niveau du cerveau, ce n'est pas le cas quand la buprénorphine est prise comme indiquée, par voie sublinguale, où sa diffusion est progressive. Enfin, Le classement de « stupéfiant » tel que défini par l'agence du médicament, n'a aucun rapport avec l'illégalité ou non d'un médicament, cela défini uniquement le cadre de sa prescription et de sa délivrance. Je cite : «En France, la réglementation actuelle reprend cette classification et liste les substances nécessitant une surveillance particulière. Cette liste est régulièrement mise à jour. Le classement d'une substance repose sur une évaluation du potentiel d'abus et de dépendance et des risques pour la santé publique, au regard de son éventuel intérêt thérapeutique. L'objectif de ces dispositions est de limiter l'usage des stupéfiants et des psychotropes aux seules fins médicales et scientifiques et d'encadrer leur utilisation afin d'éviter tout abus ou détournement vers l'usage ou le trafic, qui constituent des infractions pénales passibles de peines de prison et d'amendes. » La morphine, le fentanyl, ou la méthadone, sont des stupéfiants, ce ne sont pas pour autant des drogues illégales ou des substances non-autorisées. Je vous invite à consulter des addictologues spécialisés dans l'utilisation de ces médicaments, afin de vous assurer de la précision des informations que vous fournissez à vos lecteurs. Citer
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