Santé publique et prévention... peut mieux faire !

Un nouveau rapport parlementaire déplore la faiblesse des moyens accordés à la prévention et propose une liste de 36 préconisations. Ses objectifs sont difficilement contestables, mais il y manque les mesures concrètes qui permettraient de les réaliser dans un contexte de restrictions financières.

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Santé publique et prévention... peut mieux faire !
Santé publique et prévention... peut mieux faire !

"Aujourd’hui, la prévention est le parent pauvre de notre système de santé", conclut Jean-Luc Préel, député Nouveau Centre et rapporteur de la Mission parlementaire d'évaluation et de contrôle des lois de financement de la sécurité sociale (MECSS). Il constate ainsi combien la priorité a toujours été donnée à l'organisation des soins, de la naissance de la Sécurité-Sociale jusqu'à aujourd’hui. "Il est pourtant essentiel de préserver le capital santé dès le plus jeune âge", ajoute ce médecin, ancien chef de service d’hépato-gastro-entérologie…

Fallait-il vraiment auditionner des spécialistes pendant trois mois pour parvenir à ce constat ? D'autant que le rapport reprend surtout le travail de la Cour des comptes sur les défaillances du système français : mauvaise définition des orientations et des priorités, manque de pilotage et d'outils d’évaluation… La Cour regrette aussi "le manque total de contrôle qualité" lors de  l'élaboration de la trentaine de plans recensés, dont les plus célèbres plans "Cancer" et "Alzheimer", mais aussi d'autres moins connus tels que  "Psychiatrie et santé mentale", "Développement des soins palliatifs", "Autisme", "Santé des jeunes 16-25 ans", "Bien vieillir", "Périnatalité", "Prévention bucco-sanitaire". Les mauvais résultats du dépistage du cancer du sein sont aussi pointés avec des écarts départementaux inquiétants et un taux de participation autour de 50 % alors que l'objectif était d'atteindre au moins 70 %.

Pour tenter d'améliorer la situation, les parlementaires proposent 36 préconisations comme le vote d'une loi de santé publique pour définir des priorités et la création d'un "super pilote" au niveau national qui aurait autorité sur les ministères concernés… Suit une longue liste incluant des moyens pour la médecine scolaire et la médecine du travail, de l'instruction sanitaire obligatoire en CM2 ou encore une consultation de prévention pour les 30-55 ans, "parce que c'est un âge où on se sent bien alors que c'est à ce moment-là que peuvent apparaître des facteurs de risque qu'il faut dépister", explique le rapporteur Jean-Luc Préel.

Il y a aussi l'interdiction de la publicité pour des produits alimentaires sucrés, salés ou gras pendant les programmes télévisés à destination des enfants. "Très bien", répond sur ce dernier point Jacqueline Fraysse, députée PC et secrétaire de la Commission des affaires sociales à l'Assemblée. "Mais alors pourquoi avoir refusé de voter nos amendements en ce sens ces dernières années ?" Elle s'inquiète aussi du caractère timoré des propositions pour la santé au travail. "Le médecin du travail devrait informer le médecin traitant de risques liés au poste occupé… pourquoi pas, mais quelle est l'efficacité de cette mesure qui ne vise pas à supprimer le risque mais seulement à le signaler !"

Même scepticisme de la part du député PS Gérard Bapt. Il regrette notamment l'absence de moyens appropriés à la lutte contre le tabac, dont Jean-Luc Préel rappelle pourtant lui-même qu'il provoque 60 000 décès chaque année. La majorité de la Commission a néanmoins adopté le rapport. Reste donc à espérer qu'à défaut d’avoir été mises en place pendant la législature qui s'achève, certaines de ces propositions verront le jour au cour de la suivante !

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