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Prolapsus : quand les organes descendent

Par La rédaction d'Allodocteurs.fr
rédigé le 19 septembre 2008, mis à jour le 5 décembre 2013

Fuites urinaires, sensation de pesanteur dans le bas-ventre... après 45 ans, près d'une femme sur deux serait concernée par une descente de l'utérus, de la vessie ou du rectum. C'est ce qu'on appelle le prolapsus. Mais par honte, hommes ou femmes hésitent souvent à consulter alors qu'il y a des solutions.

Sommaire

 

Comment les organes peuvent-ils descendre ?


Benoît Thevenet et Michel Cymes expliquent le prolapsus, ou descente d'organes.

La descente d'organes ou prolapsus correspond à l'affaissement anormal de l'un des organes du pelvis féminin. Les femmes redoutent le prolapsus car il entraîne une gêne physique importante, et parfois de la honte. Pourtant, avec l'allongement de la durée de vie, les consultations pour ce problème augmentent. Il concerne en majorité des femmes de plus 50 ans qui ont eu plusieurs grossesses, mais de nombreux facteurs entrent en jeu, comme les hormones.

Vessie, rectum et appareils génitaux sont les organes susceptibles d'être concernés par le prolapsus. Tous ces organes ont un poids conséquent. Ils sont normalement soutenus par des ligaments et des muscles, c'est ce que l'on appelle le périnée ou le plancher pelvien. Mais il arrive que ce plancher se distende et se relâche. Résultat, les organes ne sont plus correctement maintenus à leur place, ils descendent, c'est le prolapsus. Dans les cas les plus graves, les organes peuvent même sortir en partie du corps.

Il existe plusieurs sortes de prolapsus. Quand la vessie descend dans le vagin on parle de cystocèle, c'est le cas le plus fréquent (chez les hommes la vessie va au-delà du périnée). Quand l'utérus descend dans le vagin, c'est un hystérocèle. Et quand le rectum descend dans le vagin, on parle de rectocèle. L'intestin grêle peut lui aussi faire l'objet d'un prolapsus, il s'agit alors d'une élytrocèle, mais c'est beaucoup plus rare.

La plupart du temps, la descente d'organes ou prolapsus se manifeste par une gêne dans le bas-ventre, une sorte de pesanteur ainsi que des troubles urinaires. Les efforts répétés et les grossesses sont des causes fréquentes au relâchement du plancher pelvien. À la ménopause, la chute d'hormones notamment les œstrogènes, qui jouent un rôle important dans l'élasticité des tissus, favorise aussi la survenue de prolapsus.


Le prolapsus lié à une descente d'organes


Sylvie, 38 ans, a eu une descente d'organes après son troisième accouchement

La descente d'organes ou prolapsus peut avoir plusieurs causes. Mais la première cause du prolapsus est l'accouchement. Au moment de l'accouchement, il y a une très forte traction et cela va créer de petites lésions sur les ligaments qui retiennent les organes.


Principal responsable : le relâchement des muscles


Le prolapsus provoque souvent une sorte de pesanteur au niveau du bas-ventre.

La plupart du temps, le prolapsus se manifeste par une gène au niveau du bas-ventre, une sorte de pesanteur ou des troubles urinaires. Il est possible également de ressentir comme un corps étranger dans son bas-ventre. Ces signes sont accentués par la toux, l'effort, le port de charge lourde...

Le relâchement des muscles du périnée et des ligaments de soutien s'explique par plusieurs phénomènes. Les efforts répétés en sont une cause fréquente. Une intervention chirurgicale peut également affaiblir le périnée. Plusieurs grossesses ou l'utilisation de forceps distendent aussi le périnée et favorisent donc les prolapsus. La ménopause, enfin, s'accompagne d'une chute d'hormones, les œstrogènes, qui jouent un rôle important dans l'élasticité des tissus.

Intervention par voie vaginale, ou coelioscopie, hystérectomie ou pas… Selon le stade du prolapsus, l'âge de la patiente, l'activité sexuelle ou les problèmes urinaires, plusieurs types d'opération sont possibles. Pour déterminer laquelle choisir, certaines analyses sont indispensables comme l'examen gynécologique et le bilan urodynamique.


Prolapsus : le rôle de la rééducation périnéale


Pour les femmes âgées, il est également possible de poser un anneau appelé pessaire, au fond du vagin pour empêcher sa descente.

Après 45 ans, une femme sur deux serait concernée par un prolapsus, c'est-à-dire une descente de l'utérus, de la vessie ou du rectum. Dans certains cas, la rééducation périnéale suffit à réduire ce prolapsus, en remusclant le plancher pelvien. Les explications de Laure Mourichon, kinésithérapeute.

  • En quoi consiste une séance de rééducation périnéale ?

Laure Mourichon : "La rééducation périnéale consiste d'abord en une prise de conscience du périnée. Avant de débuter chaque séance, il est important de passer par un temps d'entretien et de bilan.

"Ensuite, le périnée est testé pour mesurer son degré de relâchement. En fonction des résultats, on va adapter le traitement. Ce dernier peut être manuel. On demande à la patiente de contracter et relâcher le muscle du périnée. On peut travailler également avec une sonde vaginale, le "biofeedback". Cet appareil permet de mesurer le degré de contraction et la patiente visualise ses efforts sur un écran.

"Enfin, il existe aussi l'électrostimulation. Un courant électrique à basse fréquence est envoyé dans la zone traitée. Cela permet une fois de plus de prendre conscience de son périnée et aussi de renforcer le sphincter et la vessie."

  • Combien de temps dure une séance ?

Laure Mourichon : "Une séance dure environ 30 minutes."

  • Combien faut-il de séances pour réduire le prolapsus ?

Laure Mourichon : "Tout dépend de la gravité du prolapsus. Dix séances peuvent suffire, mais ça peut être beaucoup plus long. La rééducation périnéale concerne avant tout les prolapsus de type 1 et 2.

"Il faut savoir que la rééducation périnéale ne permet pas de retrouver un périnée "tout neuf". Lorsque les ligaments sont trop étirés, on ne peut rien faire. Il faut alors laisser place à la chirurgie."

  • Peut-on faire des exercices quotidiens de prévention ?

Laure Mourichon : "Oui, c'est même d'ailleurs fortement recommandé aux femmes. La rééducation s'effectue avec un kinésithérapeute et elle doit se poursuivre à la maison avec notamment des exercices de contraction et de relâchement. Il faut aussi savoir "verrouiller" son périnée lors de toux ou d'éternuements. On conseille aussi aux femmes de ne pas laisser une constipation s'installer car cela affaiblit le périnée au moment des poussées."

  • Doit-on éviter certaines activités physiques lorsque l'on a un léger prolapsus ?

Laure Mourichon : "Tous les sports brusques ou de contact comme le tennis, le jogging, le trampoline sont à éviter. Il faut s'orienter vers des activités plus douces comme la natation ou la gymnastique."


Chirurgie : corriger un prolapsus


Chirurgie : maintenir les organes

La chirurgie est la solution ultime. Quand le prolapsus est très prononcé et gêne la vie quotidienne d'une patiente, il peut être opéré. L'intervention consiste à remonter le ou les organes à leur place. Souvent le chirurgien utilise une prothèse pour mieux les soutenir. L'opération doit permettre de retendre la paroi de l'organe qui descend, grâce à une bandelette. Pour cela, il existe deux possibilités : passer par les voies naturelles, dites basses, ou utiliser la cœlioscopie.

Cette dernière solution a de très bons résultats tout en diminuant les douleurs qui suivent l'opération. Elle s'adresse particulièrement aux femmes jeunes qui ont une activité sexuelle, mais également aux les femmes âgées, car elle offre une meilleure précision dans la pose du filet. La cœlioscopie diminue donc les risques de récidives.

Ci-dessous, le déroulement d'une cœlioscopie pour corriger un prolapsus. Attention, ce sont des images de chirurgie qui peuvent heurter la sensibilité de certaines personnes.


En savoir plus sur le prolapsus


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Dr Tourmente - Allodocteurs.fr
Modérateur
@sabmanu : nous ne pouvons pas recommander de spécialistes. demandez à votre médecin traitant.
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sabmanu
Bonjour, J'ai 70 ans, j'ai un prolapsus exteriorise au stade terminal et je suis sous anticoagulant. J'aimerai savoir où se trouve les chirurgiens les plus réputés pour le prolapsus en France, car j'ai très peur de me faire opéré. Merci beaucoup.
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Dr Tourmente - Allodocteurs.fr
Modérateur
@kareni : la durée est moins longue qu'avec une prothèse mais le choix dépend de l'âge, des antécédents chirurgicaux, de l'existence d'une obésité, etc.
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Kareni
Kareni a dit :
J'ai été opéré à 61 ans d'un cure de prolapsus par voie vaginale : hystérectomie totale et annexectomie bi-latérale colpopérinéorraphie antérieure et postérieure. Aucune prothèse, ce sont mes ligaments qui ont été utilisés. Est-ce aussi solide dans le temps ? Merci
Kareni a dit :
J'ai été opéré à 61 ans d'un cure de prolapsus par voie vaginale : hystérectomie totale et annexectomie bi-latérale colpopérinéorraphie antérieure et postérieure. Aucune prothèse, ce sont mes ligaments qui ont été utilisés. Est-ce aussi solide dans le temps ? Merci
Intervention le 05/04/2011
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Kareni
J'ai été opéré à 61 ans d'un cure de prolapsus par voie vaginale : hystérectomie totale et annexectomie bi-latérale colpopérinéorraphie antérieure et postérieure. Aucune prothèse, ce sont mes ligaments qui ont été utilisés. Est-ce aussi solide dans le temps ? Merci
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Dr Tourmente - Allodocteurs.fr
Modérateur
@sese2004 : le traitement de la constipation (plusieurs mois) permet d'améliorer les choses. SOn médecin doit la revoir afin de s'en assurer.
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sese2004
Bonjour, j'ai une fille de 8 ans avec un possible prolapsus dû à la constipation. Le pédiatre gynécologue nous a dit de traité la constipation. Nous ne savons pas qu'elle type de prolapsus c'est, seulement, ma fille à la sensation de que une bulle sort par son vagin et qu'elle a besoin de la pousser vers l'intérieur. Ca l'arrive quand elle a de gas ou quand elle va à la selle, de fois même quand elle au lit couché ou quand elle marche. Après le traitement contre la constipation les sensations ont diminués. Je voudrais savoir si ont peut faire quelque choses d'autre maintenant qu'elle est petite??? est-ce que ça va disparaitre avec les années?? la rééducation du périnée serait recommandé. J'aimerais pouvoir faire tout ce que serait possible maintenant, si, évidement peut on faire plus. Merci de votre aide.
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Dr Tourmente - Allodocteurs.fr
Modérateur
@Térébenthine : aucune solution naturelle ne fera remonter votre utérus. L'avis d'un professionnel de santé me semble impératif.
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Térébenthine
Bonjour suite à des hémorragies de plus en plus abondantes et une douleur dans le bas ventre je me suis rendu compte que mon utérus sortait . Je préfère des solutions naturelles plutôt que consulter une gynécologue . Qui peut me conseiller ? Merci
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Dr Tourmente - Allodocteurs.fr
Modérateur
@schoupette32 : la chirurgie des névralgies pudendales consiste à décomprimer le nerf lorsqu'il est comprimé en passant dans un canal osseux. Elle s'adresse aux personnes qui souffrent de douleurs rebelles aux médicaments et à la rééducation.
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