Prévenir et soigner les IST

IST ou MST, quelles sont ces infections sexuellement transmises ? Quels sont les risques de contamination ? Un préservatif protège-t-il de toutes les IST ? Doit-on redouter une résurgence de la syphilis ? Quels sont les symptômes d'une inféction par les chlamydias ? Réponses dans ce dossier qui fait le point sur les infections sexuellement transmissibles.

Rédigé le , mis à jour le

Prévenir et soigner les IST
Prévenir et soigner les IST
Sommaire

Qu'est-ce que les IST ?

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Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes expliquent les Infections Sexuellement Transmissibles (IST).

Depuis plusieurs années on constate une recrudescence de certaines infections sexuellement transmises, les IST. Syphilis, chlamydia, condylome font à nouveau parler d'eux. Ces maladies se dépistent et se traitent assez facilement, mais leur lien avec la sexualité fait qu'il est souvent difficile d'en parler et d'aller consulter.

Ces IST, encore appelées MST (maladies sexuellement transmissibles) ou maladies vénériennes sont provoquées par des microbes : virus, bactéries, parasites ou champignons. Elles se transmettent lors de relations sexuelles. Certaines d'entre elles, se manifestent par un écoulement jaune au niveau de la verge, du vagin ou de l'anus, par des sensations de brûlure, de douleurs au bas ventre comme dans le cas d'une Blennorragie gonococcique, plus connue sous le nom de "chaude-pisse". Elle est provoquée par une bactérie.

D'autres IST se manifestent par l'apparition de petites verrues sur les organes génitaux ou l'anus, qu'on appelle condylomes, lésions provoquées par un papillomavirus.

Les petits boutons douloureux en forme de bulles responsables de démangeaisons signent généralement un herpès génital, alors que l'apparition de chancre (petite plaie indolore) désigne plutôt la syphilis. Elle se caractérise par une éruption sans démangeaisons. C'est le tréponème pâle, une bactérie, qui en est à l'origine.

Toutes ces infections, si elles ne sont pas soignées à temps, peuvent entraîner de graves complications, des risques de stérilité, et même des atteintes du système nerveux, du cœur, des artères et des yeux, et elles favorisent la pénétration du virus du sida dans l'organisme... 

Syphilis, le retour

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Toutes les pratiques sexuelles doivent être protégées, particulièrement les rapports buccaux.

Depuis 2000, la syphilis est sortie des livres pour redevenir une infection sexuellement transmissible tout ce qu'il y a de plus contemporaine. Depuis, le nombre de cas de cette tristement célèbre maladie n'a cessé d'augmenter à cause de la baisse de vigilance face au VIH. Une baisse de vigilance qui favorise aussi la transmission des chlamydiae, gonocoques, condylomes et autres herpès, dont la plupart des jeunes ignorent même l'existence.

Le nombre de cas de syphilis diagnostiqués est passé de moins de 50 cas en 2000 à près de 600 en 2007. Une redoutable résurgence qui mobilise les associations de prévention.

À l'entrée des discothèques, préservatifs et documents d'information sont à disposition du public. Cette prévention sans tabou est basée sur des conseils simples à appliquer pour toutes les pratiques sexuelles.

Il est notamment très important de se protéger pendant les rapports buccaux car c'est principalement par cette voie que se transmettent de nombreuses IST, comme la syphilis.

Cette maladie que l'on croyait depuis longtemps disparue, est observée en constante progression dans les centres de dépistage. Elle se transmet très facilement lors de rapports non protégés et entraine une ulcération au niveau génital mais aussi dans la gorge.

Condylomes, une infection génitale à papillomavirus

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Le papillomavirus est un virus qui se transmet lors des rapports sexuels.

Le papillomavirus est une IST très répandue. Elle donne des condylomes (verrues génitales) sur les parties génitales. Le diagnostic est très facile à faire et cette infection se soigne bien.

Les lésions condylomateuses varient évidemment suivant le moment où elles sont prises en charge.

Le dépistage des infections à Chlamydia

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L'auto-prélèvement vestibulaire est plus simple et plus agréable pour les femmes qu'un prélèvement classique.

Pour dépister bon nombre d'IST chez les femmes, un prélèvement vaginal est nécessaire. Il se fait chez le médecin ou en laboratoire. Pour les jeunes femmes de moins de 25 ans, il existe aussi l'auto-prélèvement vestibulaire.

L'auto-prélèvement vestibulaire est simple et permet de dépister plus de femmes qu'avec un prélèvement classique fait en laboratoire, en position gynécologique. Une fois le prélèvement réalisé, le laboratoire va analyser les résultats. Si le prélèvement est positif, le laboratoire engage un second test à partir du même échantillon pour confirmer la présence de la bactérie.

Chlamydia, une infection aux conséquences graves

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Le diagnostic n'est pas toujours facile…

Ce témoignage illustre à la fois la méconnaissance et la gravité d'une infection à chlamydia.

En savoir plus

Augmentation des infections sexuelles à gonocoques :

Les infections à gonocoques ont augmenté de 52 % en France entre 2008 et 2009, selon les chiffres de l'Institut de Veille Sanitaire (InVS) de 2010.

Cette progression observée depuis plusieurs années a été observée sur l'ensemble du territoire, mais elle est légèrement moins importante en Ile-de-France, où on constate une augmentation chez les hommes et une relative stabilité chez les femmes. Dans les autres régions en revanche, l'augmentation du nombre de cas se vérifie à la fois chez les hommes et chez les femmes.

Les infections à gonocoques sont des infections sexuellement transmissibles (IST ou MST) dues à la bactérie Neisseria gonorrhoeae. Elles touchent essentiellement des sujets jeunes, le plus souvent des hommes (environ 85 %), chez qui elles provoquent des urétrites douloureuses ("chaude pisse").

Le diagnostic est relativement aisé chez l'homme en raison des symptômes (douleur en urinant, écoulement de pus) et le traitement par antibiotique est simple et efficace. En revanche, une infection non traitée peut être à l'origine de complications graves et favoriser la contamination par d'autres IST.

Ces gonorrhées ou blennorragies masculines sont un bon indicateur des comportements sexuels, leur augmentation est ainsi un révélateur d'une progression des rapports sexuels à risque.

Comme pour toutes les IST, l'usage du préservatif est le meilleur moyen d'éviter une contamination par le gonocoque. L'InVS recommande de consulter un médecin en cas de signes cliniques ou de prise de risque (rapport non protégé avec un partenaire occasionnel ou avec des partenaires multiples).

La plupart des femmes infectées ne présentent aucun symptôme au départ, mais des pertes vaginales, des picotements urinaires pouvant apparaître quelques jours après l'infection. Cette dernière non traitée peut s'étendre et provoquer une atteinte des trompes (salpingite) pouvant altérer la fertilité.

Questions/Réponses :

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