Nouveaux anticoagulants oraux : un rapport rassurant de l'ANSM

L'agence nationale de sécurité des médicaments (ANSM) rendait publics aujourd'hui 2 juillet 2014 les résultats de deux études effectuées par l'ANSM et la caisse nationale de l'assurance maladie (CNAMTS). Celles-ci concluent que les nouveaux anti-coagulants oraux directs (AOD) ne présentent pas plus de risques d'effets indésirables graves que les médicaments de référence, les antivitamine K. 

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Entretien avec le Pr Jean-Jacques Mourad, interniste à l'hôpital Avicenne (Bobigny)

Commercialisés depuis 2012, les anticoagulants oraux directs (AOD), Pradaxa® Eliquis® et Xarelto®, sont indiqués au même titre que les AVK, dans le traitement et la prévention des accidents thromboemboliques, c'est-à-dire entraînant l'obstruction (embolie) d'un vaisseau sanguin par un caillot (thrombus), dont les manifestations les plus connues sont l'AVC et l'embolie pulmonaire.

Les anticoagulants oraux étant prescrits pour fluidifier le sang, ils sont délicats à contrôler et présentent un risque hémorragique pour le patient. Ainsi en 2013, les familles de quatre personnes âgées décédées sous Pradaxa® décidaient de porter plainte pour homicide involontaire contre le laboratoire allemand Boehringer Ingelheim. Des plaintes classées sans suite en mars 2014.

C'est pourquoi un plan d'action prévoyant une surveillance particulière de ces produits a été mis en place en 2013 par l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Ce plan avait notamment pour but de vérifier l'absence de majoration du risque d'événement hémorragique sévère avec les anticoagulants oraux directs (AOD) par rapport aux AVK, qui font office de traitement de référence.

L'étude de la CNAMTS évaluait le risque d'accident hémorragique à court terme encouru par 71.589 patients naïfs, c'est-à-dire n'ayant jamais été sous traitement anti-coagulant oral. Les résultats, jugés rassurant par l'ANSM, ne montrent pas d'excès de risque hémorragique ou thrombotique artériel chez les patients débutant un traitement par AOD versus AVK dans les 90 premiers jours de traitement.

De son côté, l'étude réalisée par l'ANSM qui portait sur 24.820 patients suivis pendant quatre mois ne montrait pas d'augmentation du risque d'événement hémorragique majeur chez les personnes qui passent d'un traitement AVK vers un AOD par rapport aux personnes qui restent sous AVK, quel que soit l'anticoagulant oral direct utilisé. L'étude n'a pas non plus montré d'augmentation du risque d'AVC ischémique, embolie systémique ou d'infarctus du myocarde.

Le Pr Jean-Jacques Mourad, interniste à l'hôpital Avicenne (Bobigny) s'est dit rassuré par ces résultats. "Ces médicaments sont indispensables, on vivait jusqu'à présent avec des médicaments qui ont été développés dans les années 1940. Dès le début, les médecins étaient en attente d'autres molécules car ces médicaments apportent d'énormes contraintes. On ne sait jamais à l'avance quelle est la bonne dose pour un individus donné et ces nouveaux anticoagulants nous étaient apparus comme étant une évolution intéressante pour le traitement des patients." a t-il expliqué.

De plus en plus utilisés en France, les anticoagulants oraux ont vu leur prescription doubler entre 2000 et 2012. En 2013, plus de trois millions de patients étaient sous anticoagulant oraux. 

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