Mon voisin ce tueur, ou le danger du bruit pour la santé

L'Académie nationale de médecine publie un rapport sur l'impact des nuisances sonores et préconise des actions pour lutter contre le bruit.

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Mon voisin ce tueur, ou le danger du bruit pour la santé

- Entretien avec Alice Debonnet-Lambert, directrice du Centre d'information et de documentation sur le bruit, invitée du Magazine de la santé du 12 juin 2012 -

 

Ils peuvent parfois nous rendre service… comme nous rendre la vie impossible et transformer nos nuits en cauchemar. Les voisins. Les rancœurs de palier peuvent avoir de plus lourdes conséquences que de simples querelles. Le manque de calme est un problème qui inquiète même l'Académie nationale de médecine. Celle-ci publie une série de recommandations pour réduire les nuisances sonores dans l'habitat, comme la création "d'offices bruit" dans les municipalités.

Le bruit est nocif

Car le bruit a une incidence sanitaire et, en écho, un poids économique conséquent. Cris de disputes, bruits de pas, musique forte, bruits de travaux... vivre avec des nuisances sonores peut entraîner des problèmes de manifestations auditives comme des acouphènes, une fatigue auditive, ou encore, dans des cas plus rares, une surdité.

Mais le bruit, vécu et subi quotidiennement, entraîne surtout des problèmes de sommeil, qui auront un impact sur le développement de problèmes de santé plus graves, touchant notamment le système cardiovasculaire, ainsi que des modifications des sécrétions hormonales, liées au stress. Le stress est aussi très mauvais pour le système immunitaire.

D'après une enquête de Centre d'information et de documentation sur le bruit (CIDB), réalisée en 2010, 35 % des personnes interrogées accusaient le bruit de perturber leur sommeil, 26 % y voyaient une source de stress, 22 % de fatigue et de tensions nerveuses, 10 % prendraient des médicaments à cause du bruit et 7 % seraient même devenus dépressifs. 15 % songeraient à déménager à cause des nuisances sonores. Alice Debonnet-Lambert, directrice du CIDB, identifie deux problèmes majeurs : "la construction des bâtiments et le comportement des voisins. La première loi acoustique est récente, elle date de 1970. Tout ce qui s'est construit avant 1970 n'était pas soumis à une réglementation acoustique. D'autre part, il y a une multiplication des sources sonores dans les appartements : home cinéma, les chaînes hifi dans chaque chambre, plusieurs sources. (…) Dans un immeuble on vit un peu chez les autres, il ne faut pas l'oublier."

Pour plus de tranquillité

Pour Alice Debonnet-Lambert, ce problème peut se résoudre avec quelques efforts : "Il existe des solutions simples pour être moins bruyant : mettre des feutres sous les meubles quand on a du parquet ou du carrelage, éloigner les baffles des chaînes hifi des murs, les poser sur des matériaux qui absorbent le bruit comme des supports en caoutchouc. (...) Au fond, c'est surtout une question de respect du principe de vivre ensemble : tolérer et respecter son voisin. (...) Je crois qu'il faut aussi sensibiliser les architectes et les entreprises pour une mise en œuvre de meilleure qualité de l'acoustique dans les bâtiments". 

L'Académie encourage donc les municipalités à réagir, à engager des politiques de sensibilisation des professionnels, à surveiller l'isolation acoustique des bâtiments, à intégrer aux annonces des informations sur les niveaux sonores dans les biens immobiliers, et à s'inspirer, par exemple, de la ville de Toulouse où des "offices de la tranquillité" sont chargés d'assurer la médiation et de veiller au calme des habitants.

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