Mais quelle est donc cette ''petite voix'' qui trotte dans ma tête ?

Notre "petite voix" intérieure est traitée par notre cerveau comme si elle émanait d'un interlocuteur bien réel. C'est ce que viennent de découvrir des chercheurs français en parvenant à localiser l'aire du cerveau qui traite ce son imaginaire.

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Mais quelle est donc cette ''petite voix'' qui trotte dans ma tête ?
Mais quelle est donc cette ''petite voix'' qui trotte dans ma tête ?

Nous entendons tous une petite voix intérieure... Lorsque nous lisons de façon silencieuse, lorsque nous réfléchissons ou lorsque nous écrivons. Et lorsque nous entendons notre propre voix résonner dans notre esprit, notre cerveau est dupé. Car il réagit comme si nous entendions quelqu'un d'autre nous parler.

Une impression sonore fictive...

Les régions cérébrales auditives du cortex temporal, spécialisées dans le traitement des sons, sont activées lorsque la petite voix s'active dans notre esprit. C'est ce qu'ont démontré les travaux des chercheurs de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) au Centre de Recherche de Neurosciences de Lyon et le CHU de Grenoble, publiés dans la revue The Journal of Neuroscience.

Pour arriver à ces conclusions, l'équipe s'est penchée sur une situation particulièrement propice à la "petite voix" : la lecture silencieuse. Ils ont travaillé avec des patients atteints d'une forme sévère d'épilepsie qui vivent avec des électrodes implantées dans leur cerveau pour le suivi et le traitement de leur maladie. Grâce à ces électrodes, les chercheurs ont pu enregistrer précisément et sur une longue durée l’activité électrique cérébrale. Ils ont constaté que les régions cérébrales auditives spécialisées dans le traitement de la voix étaient actives quand nous lisons dans notre tête, alors qu'il s'agit d'une impression sonore fictive.

Ils ont démontré qu'il est possible de détecter les moments où la personne pense et ceux où la personne verbalise ses pensées.

Les applications potentielles

On pourrait envisager de mettre au point des outils de rééducation afin de permettre aux patients dépressifs ou aux patients schizophrènes d’ignorer le discours intérieur qui accapare leur esprit avec des pensées négatives.

"Bien que ces travaux ne traitent que d'une situation de lecture, ils établissent qu'il est possible de détecter en direct les moments où quelqu'un pense, et même de savoir si ses pensées sont plutôt de nature verbale." En revanche, les chercheurs avertissent : "Attention, nous sommes encore loin de savoir à quoi cette personne pense."

 Source : "How Silent Is Silent Reading? Intracerebral Evidence for Top-Down Activation of Temporal Voice Areas during Reading", The Journal of Neuroscience, 5 December 2012, 32(49): 17554-17562; doi: 10.1523/​JNEUROSCI.2982-12.2012

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