Infarctus : un réflexe, le 15

En France, 100 000 personnes sont victimes chaque année d'infarctus du myocarde, un problème cardiaque qui serait responsable de plus de 10 % des décès chez l'adulte. La prise en charge s'est améliorée mais pour être efficace elle doit se faire le plus rapidement possible. Pourquoi ? Quels signes doivent alerter ?  

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Infarctus : un réflexe, le 15

- Reportage de Cécile Guery-Riquier, Gaëlle Pialot, Hervé Droguet -

Malgré les campagnes d'information, moins d'un Français sur deux a le bon réflexe d'appeler en priorité le 15, en cas d'infarctus du myocarde. C'est ce que démontre la dernière étude de l'observatoire européen Stent for Life. Si les victimes n'ont pas encore adopté ce réflexe, c'est qu'ils ont encore peur de déranger, ont parfois le sentiment de ne pas être concernés par l'infarctus, ou ont tout simplement peur d'être malades. Le Dr Thomas Loeb, anesthésiste-réanimateur au Samu 92 (Hauts-de-Seine) nous rappelle en quoi il est important de décrocher son téléphone au moindre doute.

  • Pensez-vous qu'en cas de signes évocateurs d'un infarctus, les Français ont le réflexe d'appeler le Samu ?

Dr Thomas Loeb : "J'ai l'impression qu'avec les campagnes menées depuis plusieurs années par les pouvoirs publics, le nombre d'appels a bien progressé, les gens ont de plus en plus le reflexe d'appeler le 15. En revanche certains attendent encore trop longtemps avant de le faire, ce qui empêche une prise en charge optimale et entraîne des risques pour leur santé.
Dans notre service nous recevons environ 1 000 appels par jour, 40 % concernent des pathologies cardiaques diverses et 15 % des infarctus. Ce qu'il faut retenir c'est que toute douleur dans la poitrine mérite un appel au 15."

  • Comment se déroule la prise en charge des victimes d'infarctus ?

Dr Thomas Loeb : "Tout commence par un interrogatoire téléphonique réalisé par un médecin régulateur qui détermine si la douleur dans la poitrine peut être attribuée à une cause cardiaque. Si c'est le cas, une de nos équipes est envoyée sur place. Elle réalise un bilan avec un électrocardiogramme et des examens biologiques pour repérer les marqueurs de l'infarctus. Si le bilan confirme l'infarctus, le patient est dirigé vers un service de cardiologie spécialisé. Parfois on peut même injecter sur place un produit qui dissout le caillot directement dans les coronaires. La prise en charge est rapide, en moins de quinze minutes l'équipe est sur place et, dix minutes plus tard le bilan est réalisé. Tout gain de temps favorise le pronostic."

  • Que faut-il faire en attendant le Samu ?

Dr Thomas Loeb : "À court terme, le principal risque de l'infarctus est l'arrêt cardiaque. En attendant les secours il est donc préférable d'avoir quelqu'un à côté de soi pour, en cas de besoin, commencer le massage cardiaque et les gestes de réanimation. Il faut aussi se mettre au repos dans la position la plus confortable possible."

 

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