Grossesses pathologiques : une réalité largement sous-évaluée

Plus d'un quart des Françaises, ayant déjà été enceintes, rapporteraient avoir eu, au cours de leur grossesse, des complications susceptibles d'entraîner des risques pour elle ou leur enfant. Ces chiffres, issus d'un récent sondage réalisé pour la Fondation de coopération scientifique sur la grossesse et la prématurité (PremUp), renvoient à une réalité largement méconnue de la part du public.

Florian Gouthière
Rédigé le
Grossesses pathologiques : une réalité largement sous-évaluée

Au cours de la grossesse peuvent survenir des événements qui comportent un risque pour la mère ou pour l'enfant. Celle-ci est alors qualifiée de pathologique. Un sondage OpinionWay réalisé du 26 avril au 13 mai 2013, et publié début juin, révèle que de tels problèmes sont à la fois très fréquents et très largement sous-évalués par les Françaises. Une nouvelle présentation de ces chiffres a été effectuée devant la presse le jeudi 26 septembre 2013.

"On dénombre annuellement 160.000 cas de grossesses pathologiques en France, [soit 25% à 30%] des grossesses", observe à cette occasion le docteur Danièle Evain-Brion, directrice de PremUp. "La moitié des handicaps de l’enfant sont la conséquence directe de ces grossesses pathologiques (1)."

Pourtant, deux tiers des femmes interrogées évaluent à moins de 10% les cas de grossesses pathologiques en France. Et 8% seulement évaluent correctement l'existence de cette réalité.

Pour 60 à 65% des femmes, la grossesse "est une période où l'on peut continuer à tout faire comme avant", 30 à 35% considérant qu'il ne s'agit pas "d'une période à risque". Le reste des femmes "identifient relativement bien les conséquences d'une grossesse pathologique pour l'enfant à naître, [telles que] des problèmes moteurs ou intellectuels, ou déficiences visuelles ou auditives", note la présidente de la fondation. Néanmoins, à peine plus de la moitié "déclare avoir entendu parler du retard de croissance intra-utérin", "dont elles sous-estiment [d'ailleurs] très fortement la prévalence".

"De nombreuses femmes n'ont qu'une connaissance limitée des facteurs de risques d'un accouchement prématuré et en particulier des pathologies liées à la grossesse", poursuit la directrice de la fondation.  Si le tabac, l'alcool ou la pénibilité de certains métiers est fréquemment évoquées, "les grossesses tardives ou les grossesses multiples sont [peu ou pas] perçues comme un facteur de risque important.

La fondation rappelle par ailleurs que la crise actuelle a un impact réel sur la survenue des grossesses pathologiques. En effet, un quart des femmes seraient aujourd'hui "prêtes à renoncer à certains soins pendant leur grossesse" (échographie, rendez-vous de soins…) pour des raisons financières.

"Face à cette problématique de santé publique", explique le docteur Evain-Brion, "il y a urgence à sensibiliser les femmes au travers des campagnes d'information d'envergure et à redoubler d'effort pour la recherche scientifique dans le domaine de la périnatalité."

Ces campagnes doivent, selon la fondation, cibler tout autant les femmes que les personnels de santé, qui communiqueraient de façon insuffisante sur ce problème. Deux tiers des femmes ayant déjà été enceintes déclarent en effet n'avoir reçu aucun conseil de professionnel pour éviter les risques de grossesse pathologique.

(1) Chiffres du Plan Périnatalité 2005-2007.

Source : Enquête sur les grossesses pathologiques auprès des femmes [pdf]

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