Grève des médecins, dentistes et pharmaciens

L'Union nationale des professions libérales (UNAPL) a appelé médecins, dentistes, pharmaciens, mais aussi notaires et avocats, à faire grève ce mardi 30 septembre, afin de protester contre un projet de réforme des professions réglementées.

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Grève des médecins, dentistes et pharmaciens
Grève des médecins, dentistes et pharmaciens

Les syndicats représentatifs des professions libérales dénoncent à la fois la réforme sur les professions réglementées et le projet de loi santé en préparation.

Les sites Internet de ceraines agences régionales de santé (ARS) mettent à disposition du public la liste des pharmacies et laboratoires qui assureront un service de garde ce 30 septembre.

La réforme sur les professions libérales doit conduire à l'ouverture du capital des sociétés de nombreuses professions. Selon les syndicats, l'entrée de groupes financiers dans le secteur mettrait en péril leur vocation de service public.

Bien qu'ils ne soient pas directement concernés par ce texte, les médecins libéraux ont décidé d'afficher "leur soutien aux pharmaciens et des dentistes", selon le SML (syndicat des médecins libéraux). Mais l'action entreprise mardi à aussi pour objet la contestation du projet de loi santé, attendu pour octobre. Celui-ci placerait, selon les syndicats, la médecine libérale sous la coupe de l'administration.

De très nombreux médecins généralistes et spécialistes sont fermeront donc leurs cabinets mardi. Toutefois, la CSMF, premier syndicat de médecins, appelle les praticiens à "s'adapter en fonction de la situation locale: fermeture d'une demi-journée, d'une journée ou rassemblements locaux", a indiqué à l'AFP son président Jean-Paul Ortiz.

Journée sans dentistes

De leur côté, les dentistes sont appelés à participer au mouvement de protestation par trois organisations syndicales (la CNSD, l'UJCD-UD et le SFCD). Les syndicats craignent la suppression du numerus clausus et surtout que les patients puissent à l'avenir se faire poser des prothèses directement par les prothésistes.

Les pharmaciens sont également invités à fermer leurs officines. Outre la "menace" sur la fin de leur monopole sur la vente de médicaments, ils s'opposent à l'ouverture éventuelle du capital des sociétés d'exercice libéral (SEL) et à l'arrivée d'actionnaires non pharmaciens dans leurs officines.

La ministre de la Santé Marisol Touraine a affirmé dimanche soir sur France Inter que des gardes seraient assurées dans les pharmacies.

Labos et kinés

Les laboratoires de biologie médicale, risquent eux aussi, d'être fermés. Les trois syndicats représentatifs de biologistes médicaux libéraux refusent que "la réalisation des examens de biologie médicale, qui sont à l'origine de 60 à 70% des diagnostics médicaux, soit abandonnée aux mains d'intérêts financiers" si l'ouverture du capital des sociétés d'exercice libéral est retenue dans le projet de loi.

Enfin la Fédération Française des Masseurs Kinésithérapeutes Rééducateurs appelle les 64.000 kinés libéraux à fermer leurs cabinets, vexée que leurs revenus aient été pointés dans le rapport de l'Inspection générale des finances. Elle fustige aussi le projet d'ouverture des SEL et la fin éventuelle du numerus clausus. La profession ne sait pas si in fine elle sera concernée par le projet de réforme.