Des antioxydants pour traiter une myopathie

Un traitement à base d'antioxydants mis au point par une équipe de chercheurs de Montpellier a permis d'améliorer les fonctions musculaires de patients atteints de la myopathie FSH.

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Des antioxydants pour traiter une myopathie

La myopathie FSH, pour facio-scapulo-humérale, est la forme de myopathie la plus répandue. Elle touche 4.000 personnes en France, principalement des adultes. Cette maladie se manifeste d'abord par une altération des muscles du visage avant d'atteindre les épaules et les bras. Il n'existe à ce jour aucun traitement

Des chercheurs Inserm de Montpellier ont mis au point un traitement à base d'antioxydants et les résultats de leur essai clinique, publiés récemment dans la revue Free Radical Biology & Medicine, sont très prometteurs : il a permis aux 53 patients de l'essai de retrouver de la force musculaire et de l'endurance.

Pour élaborer ce traitement, les chercheurs ont d'abord mis en évidence le rôle néfaste du stress oxydant chez les patients atteints de FSH. Le stress oxydant est l'accumulation dans les cellules de petites molécules d'oxygène dégagées par les mitochondries, les moteurs de la cellule. Dans les cellules d'un muscle sain, la plupart de ces molécules sont éliminées par nos défenses antioxydantes. Chez les patients atteints de FSH, les antioxydants, peu présents, ne font pas leur travail.

"Ces patients ont des défenses antioxydantes très amoindries donc ils ne peuvent pas lutter. Il y a un déséquilibre qui se produit ce qui provoque des dommages au niveau des fibres, des protéines, des sucres et de l'ADN. Et ce stress antioxydant va progressivement s'emballer", explique Dalila Laoudj-Chenivesse, chercheuse à l'Inserm.

Pour y remédier, les chercheurs ont mis au point un cocktail d'antioxydants à base de vitamine C, de vitamine E et de deux oligo-éléments, le zinc et le sélénium. Au terme de quatre mois de traitements, les malades connaissent une amélioration significative de leur force musculaire et de leur endurance, mais les médecins restent prudents. "Je ne veux pas faire naître de faux espoirs chez les patients, je ne traite pas la myopathie FHS. Le résultat montre qu'il y a une amélioration fonctionnelle de quelques pourcentages sur la force et l'endurance et cette amélioration fonctionnelle permet d'améliorer légèrement leur qualité de vie", explique le Pr Jacques Mercier, physiologiste au CHU de Montpellier.

L'équipe montpelliéraine va pouvoir désormais étudier l'évolution de chaque patient et comprendre pourquoi certains répondent mieux au traitement que d'autres.

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