Ch@t : Vivre avec un dépressif

Ch@t du 28 mai 2010 Avec les réponses du Pr. Christophe Lançon, chef du service de psychiatrie du C.H.U. Sainte-Marguerite à Marseille et du Dr Aurélie Lagodka, psychiatre.

La rédaction d'Allo Docteurs

Par La rédaction d'Allo Docteurs

Rédigé le , mis à jour le

De plus en plus de dépressifs chez les jeunes, avec des conséquences qui peuvent être fatales. (Photo© Photographee.eu - Fotolia.com)

Les réponses du Pr. Christophe Lançon, psychiatre

Tout dépend de la cause de vos douleurs. De toutes les façons il faut traiter cette cause si on la trouve, sinon il faudra effectivement prendre un traitement pour les douleurs pendant longtemps.

La bipolarité c'est l'alternance de moments de dépression et de moments avec des phases d'exaltation ou d'excitation il faut alors consulter un médecin spécialiste des troubles bipolaires qui vous proposera un traitement pour réguler ses oscillations de l'humeur.

Oui c'est assez fréquent surtout lorsque la dépression n'a pas complètement guérie.

Certains d'entre eux en effet mais c'est peu fréquent.

Le traitement repose le plus souvent sur les médicaments antidépresseurs, l'accompagnement psy est souvent nécessaire mais pas obligatoire pour guérir, il faut aussi que la personne déprimée trouve un "psy" qui lui convienne.

En effet certains antidépresseurs sont peu compatibles avec une grossesse, on peut alors changer de médicament antidépresseur il faut en discuter avec le médecin et les obstétriciens.

Beaucoup de gens font comme lui. Malheureusement le risque de rechute est grand dans les semaines ou les mois qui suivent l'arrêt du traitement médicamenteux la question est : pourquoi ne veut-il plus continuer ce traitement… Il faut qu'il en discute avec son médecin.

Si vous souffrez d'une maladie il est mieux de voire un médecin (un psychiatre en est un, pas un psychologue).

Tous les antidépresseurs ne perturbent pas la vie sexuelle il faut absolument qu'avec votre médecin vous arriviez à en trouver un qui ne vous handicape pas. Peut-être faudra t-il consulter un sexologue pour évaluer plus "finement" les choses.

Oui oui, surtout si son état est équilibré (grâce à une prise en charge de qualité).

Guérir : oui si l'on entend ne plus faire d'accès dépressif ou d'excitation … mais arrêter tout traitement, cela est parfois difficile.

C'est un témoignage encourageant et très important merci.

Vous faites bien de ne pas le faire ... Le suicide est une solution qui ne règle rien qui va faire souffrir les autres, faites vous aider (association pour le suicide, numéro vert, votre médecin de famille, une assistante sociale ... ne restez pas isolée !!)

Il faut effectivement envisager de changer de traitement et de faire aussi un bilan de santé car une dépression qui "traine" peut-être liée à d'autres maladies quelques fois.

Pas vraiment car la dépression n'est pas le résultat d'une cause particulière le plus souvent.

Cela ne règle pas la dépression car la sérotonine n'est pas en manque dans la dépression mais mal utilisée par le cerveau.

La dépression est un état de tristesse, de fatigue, d'envie de rien, de goût à rien qui dure pendant plus de 15 jours en général c'est votre médecin qui pourra vous confirmer cela.

Il y a des centres hospitaliers avec des consultations spécialisées pour les troubles bipolaires qui ne sont pas coûteuses.

Peut-être envisager de demander un avis à un spécialiste de la dépression.

Effectivement ces deux médicaments peuvent donner le même type d'effets secondaires. S'ils sont difficiles à supporter et que votre état psychique ne s'améliore pas beaucoup, il faut changer de médicament antidépresseur pour trouver celui qui vous convient.

Oui dans les différents services universitaires de psychiatrie ou à Créteil.

Allez voir un centre spécialisé pour les troubles bipolaires.

En théorie ce n'est pas indiqué.

Le plus souvent oui surtout si la dépression est grave ; dans les dépressions "légères" il est possible de faire une psychothérapie de type cognitivo-comportementale, la psychanalyse est une bonne thérapie mais elle n'a pas souvent d'effet dans les dépressions surtout si elles sont graves.

Oui quelquefois.

Vous avez manifestement des effets secondaires des traitements, il faut adapter les doses de médicaments si cela vous gêne…Ou changez de traitement, parlez-en à votre médecin.

Le millepertuis et la grossesse ce n'est pas très bon, parlez en avec votre obstétricien et votre médecin.

Certains en effet.

Il faut consulter très vite, votre situation est manifestement complexe, ce qui vous améliore peut vous améliorer plus en adaptant le traitement.

Il y a dans le trouble bipolaire un facteur génétique mais cela n'explique pas tout !!!

Dans certaines situations très particulières et avec l'aide d'un spécialiste, cela peut se faire.

On peut mener une grossesse avec certains antidépresseurs.

Malheureusement cela peut arriver il faut alors en changer ou chercher une cause à cela avec votre médecin.

Le régime peut aider à se sentir mieux en général mais pas à sortir de la maladie dépressive.

Dans la dépression bipolaire il y a avec la dépression des moments d'excitation.

Oh oui très important.

C'est encore un traitement expérimental qui a de bons résultats dans les dépressions qui ne répondent pas aux antidépresseurs.

Dans la dépression le poids n'est pas toujours perturbé : parfois on prend du poids (grignotage) parfois on en perd d'autres fois rien.

Non, pas toujours heureusement.

Effectivement, cela est incompréhensible, les doses adaptées sont celles qui vous permettent d'aller bien. A voir avec votre médecin.

Les deux.

Souvent les deux sont imbriqués.

Manifestement on n'a pas trouvé ce qui vous convient il ne faut pas hésiter à demander un avis à un spécialiste.

Il faut être prudente !!! Mais ce n'est pas absolument contre-indiqué. A discuter avec vos médecins.

Malheureusement oui les deux allant souvent ensemble.

Oui.

Il faut consulter un autre médecin.

Rien n'est prouvé !! Donc prudence.

Surtout quand il a de fortes idées suicidaires, si son état physique se dégrade avec perte de poids importante, si les traitements ne marchent pas.

C'est exceptionnel.

Oui plus de 30... Parlez-en avec votre médecin.

Comment va t-elle, a t-elle des idées suicidaires ? Arrive t-elle à mener une vie "normale" c'est le meilleur moyen d'évaluer l'efficacité du traitement.

Non pas pour trouver la cause mais oui peut être pour son "confort" psychologique surtout s'il pense que cela lui est utile.

Pas forcement ... surtout si vous n'êtes pas triste et si vous avez envie de faire des choses.

Fluoxétine, citalopram, et d'autres encore en fait cela dépend aussi de votre "réactivité" au médicament.

Je le crois.

Certains antidépresseurs peuvent aider ... la stimulation magnétique transcranienne aussi, consultez un centre antidouleurs ou un service spécialisé dans la fibromyalgie.

Souvent.

S'ils sont peu surveillés par le médecin, quelquefois.

Oui, cela peut arriver.

Oui en surveillant votre bilan hépatique régulièrement.

Oui il y en a, vous pouvez aussi en discuter avec un sexologue. Retrouver une sexualité épanouie est un signe de guérison de la dépression.

Maximum 41 euros.

Le temps qu'il faut c'est celui qui vous convient à vous !!! Et pas au médecin pour aller mieux !!!!

Oui.

Si le traitement est correctement conduit oui.

Non

Dans les hôpitaux (universitaire souvent).

A priori non

Normalement, il faut continuer le traitement antidépresseur pendant au moins 6 mois une fois que l'on est "guérie" si les effets secondaires persistent il faut adapter les doses parfois.

Le psychologue n'est pas remboursé.

C'est fortement déconseillé, attention aux manifestations de sevrage et à la rechute !

Malheureusement pas toujours.

A priori non mais je ne connais pas son état

Continuez et demandez l'avis de votre médecin.

Pas nécessairement si votre médecin adapte régulièrement votre traitement.

 

Les réponses du Dr Aurélie Lagodka, psychiatre

La dépression est une maladie multifactorielle impliquant des facteurs génétiques, qui peuvent prédisposer biologiquement à la dépression mais également d'autres facteurs, tout aussi importants, comme les facteurs environnementaux (les événements joyeux ou malheureux qui peuvent se produire au cours de l'existence), et les facteurs de personnalité, qui permettent de moduler de manière positive ou négative ces événements. En outre, certains types de dépression, entrant dans le cadre du trouble bipolaire, sont plus fortement associés à des facteurs génétiques.

C'est une situation très difficile que de voir un proche s'enfoncer progressivement dans la souffrance. Les symptômes que vous décrivez peuvent effectivement entrer dans le cadre d'une dépression. Pour l'aider, il faut qu'il consulte un psychiatre ou son médecin généraliste, qui pourra établir le diagnostic et proposer le traitement le plus approprié. S'il refuse d'aller consulter, vous avez aussi la possibilité de l'emmener aux urgences les plus proches de chez vous, dans lesquelles il y a souvent un psychiatre de garde. Enfin, si la situation devient inquiétante : expressions d'idées suicidaires, tentative de suicide, perte de poids importante ou tout autre symptôme vous alarmant et qu'il refuse de se soigner, n'hésitez pas à avoir recours aux pompiers qui pourront vous aider à le transporter aux urgences pour une hospitalisation.

Le manque de motivation fait en effet partie des signes de dépression. N'hésitez pas à consulter.

Vous avez raison de vouloir consulter. Il y existe des Centres Médico-Psychologiques (CMP) qui dispensenr gratuitement des consultations avec des psychiatres. Vous pouvez appeler les urgences psychiatriques pour connaître les coordonnées du centre le plus proche de chez vous.

Les symptômes que vous décrivez évoquent une dépression. Les idées suicidaires sont à prendre en compte. N'hésitez pas à consulter votre médecin généraliste ou les urgences psychiatriques.

On peut se rendre directement chez un psychiatre, soit en libéral, soit dans un Centre Médico-Psychologique.

La plupart des traitements antidépresseurs sont semblables chez les personnes âgées. Toutefois, il peut y avoir des adaptations de posologie.

Oui, il existe des facteurs génétiques de bipolarité.

La dépression peut, ou non, entrer dans le cadre d'un trouble bipolaire, qui associe des épisodes dépressifs à des épisodes maniaques (euphorie, exaltation, beaucoup d'énergie, désinhibition, dépenses importantes etc...).

Oui, bien sûr !

La psychanalyse est une méthode thérapeutique qui, comme toute thérapie, qu'elle soit médicamenteuse ou psychothérapeutique, est efficace chez certaines personnes mais pas chez tous le monde.

Vous avez raison de craindre une rechute. Le traitement antidépresseur doit être poursuivi 6 mois à 1 an après la rémission des symptômes. Il est donc indispensable qu'il les poursuive !

Non, ça ne peut pas se substituer. Cependant, c'est un très bon adjuvant !

L'environnement familial et social joue effectivement un rôle dans la guérison de la dépression. Il est important d'être à l'écoute et présent pour accompagner le patient. Cependant, certaines dépressions très graves sont difficiles à stabiliser même avec un entourage aidant et aimant.

Il y a toujours, généralement, des signes extérieurs de dépression: amaigrissement, inactivité, tristesse etc...Il est important d'interroger la personne sur la présence d'idées suicidaires. Si elle est très repliée, n'hésitez pas à l'amener aux urgences, via les pompiers si besoin.

La dépression est multifactorielle. Il est donc difficile d'en connaître la cause exacte

Ca n'est pas recommandé. Consultez votre médecin.

Il faut leur expliquer avec des mots simples que leur papa a une maladie et qu'il nécessite un traitement et peut-être des hospitalisations. Il faut insister sur le fait qu'ils n'y sont pour rien, car les enfants ont fortement tendance à culpabiliser.

Oui, il arrive que la dépression cède spontanément mais cela peut être long (18 mois). En outre, le traitement permet de prévenir les rechutes.

L'efficacité se voit au bout de 3 à 6 semaines.

Consultez votre psychiatre pour un réajustement thérapeutique.

Non, la prise doit être quotidienne.

Oui, en effet

Les symptômes douloureux font partie de la dépression. Mais cela peut également être un signe de "stress" sans rechute dépressive. Parlez-en à votre psychiatre.

Les addictions peuvent être secondaires à une dépression. cependant, ça n'est pas systématique.

Il pourrait être bénéfique pour vous de consulter également un psychiatre ou un psychothérapeute. Il est possible que vous fassiez vous-même une dépression.

Certains peuvent en avoir mais c'est très variable en fonction des molécules. Rassurez votre mère, il y a certainement une molécule qui peut lui convenir.

Oui, la dépression peut être responsable de troubles de mémoire et de concentration.

Si vous jugez que la situation est alarmante, vous pouvez le contacter, avec l'accord du patient !

Oui, un suivi avec l'équipe médicale est normalement organisé à la sortie. Prenez contact avec le médecin qui s'est occupé de cette personne.

Aller mieux, oui.

Ca dépend de quel type d'isolement. Si c'est transitoire, oui, pourquoi pas. Si c'est prolongé et associé à des éléments inquiétants (ne mange plus, idées suicidaires etc..), il vaut mieux intervenir.

Oui, ce serait une bonne initiative.

Oui !