Ch@t : BPCO

Ch@t du 14 mars 2014 de 15h à 16h : le Dr Gilles Jebrak, pneumologue et le Pr Sylvain Marchand-Adam, pneumologue ont répondu à vos questions.

La rédaction d'Allo Docteurs
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Ch@t : BPCO

Les réponses du Dr Gilles Jebrak, pneumologue

  • Un emphysème pulmonaire m'a été diagnostiqué il y a 10 ans, j'ai stoppé la cigarette de suite puis ai été opéré une première fois en 2009 malgré tout récidive en 2004 l'emphysème était revenu, dois-je m'attendre à une récidive sachant que j'ai régulièrement des infections pulmonaires ?

Vous avez bien fait d'arrêter le tabac. L'emphysème n'est peut être pas "revenu". Il n'a sans doute pas disparu complètement. Mais la distension de votre poumon a pu s'aggraver indiquant dans de rares cas (le votre semble t il) une intervention chirurgicale pour permettre au reste du poumon de travailler dans de meilleures conditions. On ne peut pas généraliser la réponse. Il est fréquent que les résultats chirugicaux ne durent pas au delà de plusieurs années.

  • La BPCO peut-elle avoir une origine génétique ?

Oui, sans aucun doute. Il existe des facteurs autres que le tabac. En ce qui concrene l'emphysème (fréquemment associé à la BPCO), un déficit enzymatique d'origine génétique (déficit en alpha 1 antitrypsine)est bien connu. Il s'agit cependant d'une cause rare de la maladie. Il est recommandé d'éviter toute exposition toxique, en particulier au tabac, quand on a un tel déficit. D'autres gènes sont suspectés.

  • Quels sont les mécanismes physiopathologiques lors d'une BPCO ?

L'obstruction des bronches de petits diamètres est attribuée à : - Une hypersécrtion des glandes bronchiques qui fabriquent trop de mucus bouchant les bronches - Une inflammation de la pâroi des bronches qui s'épaissisent et réduisent ainsi le calibre de la lumière bronchique - Une perte de l'éalsticité qui favorise un "effondrement" des petites bronches qui n'ont plus de tissu de soutien - Parfois des contractions des muscles lisses autour des bronches.

  • Fumeur depuis le ventre de ma mère, j'ai une BPCO depuis 2007, j'ai fait trois infarctus et une décompensation pulmonaire depuis laquelle je suis sous oxygène entre 20 et 24 h par jour. Y a t-il un espoir d'amélioration, de nouveaux médicaments ?

Tout comme la maladie qui s'est installée en plsueiurs décennies sans doute, l'amélioration n'est que rarement spectaculaire. Cependant, une hygiène de vie, la réhabilitation, le sevrage tabagique et les médicaments permettenet de gagner en qualité de vie et en amélioration des symptômes. De nouvelle classes de médicaments sont à l'étude.

  • Un poumon talcqué peut-il empêcher une opération pour un emphysème sévère ?

Hélas oui. Le talc entraîne des symphyses (sortent de zones de collage) qui peuvent être extrêmement difficiles voire impossibles à scinder pour le chirurgien. La possibilité chirurgicale est à discuter au cas par cas.

  • J'ai fait 2 épreuves fonctionnelles respiratoires chez 2 pneumologues différents à quelques semaines d'intervalle, l'un était normal et le second pas du tout. Peut-il y avoir une erreur quant à la façon de mesurer le souffle ?

Oui, les mesures peuvent être incohére,tes si l'appareil est mal réglé, et surtout si la façon de souffler a été différente. Une bonne mesure nécessite une application particulière de la personne qui réalise l'examen. Comme vous le savez, ce n'est pas douloureux, mais certaines personnes oint des difficultés à souffler avec un pince nez et un embout buccal. Celà étant, qui peut le plus peut le moins. Revoyer avec votre pneumologue la qualité de la courbe des EFR avant de tirer des conclusions.

  • Une fois la BPCO diagnostiquée et traitée, est-il possible de stopper son évolution (ou de la garder stable) pendant une ou plusieurs années ?

Oui. Il est démontré depuis longtmpms que le déclin naturel du souffle lié à l'âge et qui est accéléré chez certains fumeurs revient à sa décroissance physiologique quand on arrête l'exposition aux toxiques inhalés.

  • Lorsque la spirométrie faite chez un pneumologue indique : légère obstruction non réversible, associé à une toux fréquente et à un essoufflement, cela suffit-il pour diagnostiquer une BPCO ou d'autres symptômes sont-ils nécessaires ?

Celà suffit à condition de ne pas avoir une autre maladie qui peut entraîner une obstruction des bronches comme une dilatation des bronches par exemple. Quelque soit le diagnostic retenu, cette obstruction, même légère, doit amener à ne pas s'exposer à des irritants.

  • Pourquoi le chauffage au bois est-il un facteur de risque ?

Il ne s'agit pas seuelemnt du chauffage au bois. Toute inhalation d efumée irritante est suceptible d'entraîner une irritation des broonches si elle est prolongée et répétée. C'est ce qui est constaté dans certains pays. De ce point de vue, le chauffage sans émanation de fumée est moins irritant pour les bronches.

  • Quel est le paramètre le plus important d'une épreuve fonctionnelle respiratoire qui indique qu'on souffre d'une bpco : dem25-75, vems/cv ou autre ?

Le diagnostic sur les EFR repose avant toput sur le rapport entre débit respiratoire (VEMS en l'occurence) et volume respiratoire (Capacujité vitale en l'occurence). Le VEMS n'est utile que pour apprécier la sévérité de l'obstruction. D'autres critères plus clinqiues sont nécessaires à juger de la sévérité de la maladie.

  • BPCO diagnostiquée il y a 8 ans, j ai cessé de fumer depuis plus de 6 ans. Emphysème sévère. VEMS 52%, Tiffeneau 46 et distension à 175%. Dyspnée +++ au moindre effort (même habillement, toilette) : je désature au début à 87 %, hyperventilation, pouls 140. Pourquoi ne puis-je être aidée en oxygénothérapie d'effort par une petite bouteille d'O2, je crois que je serais moins handicapée.

Il est assez bine démontré que l'essoufflement est beaucoup plus lié à la distension de votre throax - qui est importante chez vous - qu'au taux d'oxygène. Ne vous trompez pas : l'oxygène apporté par les bouteilles ne modifie que voytre taux d'oxygène, pas la forme de votre poumon. Les indications reposent donc sur une mesure des gaz du sang au repos, et sont très bien codifiées. Si votre saturation au repos strict est supérieure à 90 % (je ne parle pas de celle à l'effort), l'aide apporté par l'oxygène n'est pas démontré. Il s'agit d'un traitement contraignant : arrêt impératif du tabac et durée minimale de plus de 15 heures par jours, voire 24h/24.

  • Quelle est l'évolution de la BPCO dans le temps ?

Si vous avez arrêté de fumer, le déclin de la fonction respiratoire est celui de tout le monde. Mais les dégats installés sont difficilemnt réversibles.

Avant tout la prévention, et l'arrêt de l'inhalation de toxiques. Puis la prévention des infections par certaines vaccinations. Il faut aussi maintenir une activité physique le plus possible. Si besoin, les médicaments, surtout inhalés sont indiqués selon la sévérité : on propose avant tout des bronchodilatateurs (il y en a de plusieurs types) et dans certains cas plus sévères des anti inflmmatoires inhalés.

  • Ma mère, 82 ans, a une BPCO (sans avoir jamais fumé) et a perdu de l'autonomie, elle est sous O2 24h/24. Depuis un séjour en hôpital, une bactérie a colonisé et les surinfections deviennent régulières, entraînant parfois des réhospitalisations. Les médecins semblent accepter une saturation oxygène en-dessous de 88 ou même 85. Quand faut-il s alarmer ? Peut-on vivre normalement quand même ?

Les BPCO sont minoritaires chez les non fumeurs en France. La question d'une autre pathologie doit être soulevée (dilattaion des bronches, pathologie cardiaque...). Pour éviter certaines complications d el'oxygénothérapie (notammenetbune augmentation préoccupante du taux de gaz carbonique qui est parfois très dangereuse), le médecin doit parfois faire des choix difficiles, quitte à ne pas corriger complètement le manque d'oxygène.

  • Quel examen permet de détecter une dilatation de bronches ?

La suspicion est clinqiue, la confirmation radiologique (le scanner est plus fiable que la radiographie dans ce cas).

 

 

Les réponses du Pr Sylvain Marchand-Adam, pneumologue

  • Le yoga est-il utile pour la Bpco ?

Il y a eu peu d'études et toujours avec peu de patients qui ont porté sur l'interêt du yoga dans la prise en charge des patients BPCO. Malgré leurs faiblesses, ces études montrent un petit bénéfice sur la qualité de vie et le contrôle de la ventilation des patients BPCO.

  • Quelles sont les choses à éviter vu que les battements cardiaques montent très rapidement à 120/140 ? Faut-il quand même faire de la marche, du sport, lequel ?

La fréquence cardiaque monte rapidement habituellement en raison de l'handicap respiratoire mais aussi par le manque d'entrainement. L'activité physique et le réentrainement sont donc importants (en absence de contre indication cardiaque).

  • Mon fils, 4 ans a le nez bouché + toux + crachat verdatre s'ésoufle vite est-ce une BPCO qui s'installe ?

Non, la BPCO est une maladie chronique liée à une exposition prolongée (>5-10 ans) à un irritant (tabac, profession avec exposition à des fumées, gazs...).

  • Mon époux (asthmatique) fait tout les ans des bronchites depuis tout petit dès que cela se termine, il se met à tousser jusqu'à l'été, est-ce de la BPCO ?

Est ce qu'il fume ou est ce qu'il est exposé dans son travail à des fumées, gazs, poluants?? si oui, il faut prévoir une exploration respiratoire fonctionnelle. dans tout les cas, si votre mari doit avoir plus de 2 cures d'antibiotiques par an, cela pourrait nécessiter une consultation spécialisé auprès d'un pneumologue.

  • Y a-t-il des centres similaires à ce que j'ai vu à Tours lors de l'émission, en particularité en Gironde ? Où trouver leurs coordonnées ?

Oui, je vous propose d'aller sur le site de la société francaise de pneumologie : SPLF.org

  • Mon père est atteint de BPCO sévère. Par la force des choses, j'ai été fumeur passif jusqu'à l'âge de 18 ans. Y a-t-il un risque pour moi ? Dois-je mener des actions de prévention, dépistage, ... Pour information, je n'ai jamais fumé.

La BPCO liée à un tabagisme passif est possible mais rare. Si vous êtes essouflé anormalement vous pouvez consulter pour faire des explorations fonctionnelles respiratoires.

  • Que se passe t-il dans les poumons lors d'une BPCO ?

Il existe une inflammation des bronches qui obstruent celles-ci et une destruction des alvéoles qui entraine l'emphysème.

  • Est-ce que les personnes atteintes de BPCO avec un emphysème pulmonaire et fumant encore (considérablement) risquent une décompensation respiratoire grave voire irréversible allant même jusqu’à la mort ?

Oui, malheureusement. La priorité est le sevrage du tabac.

  • Un remaniement post radique ancien après radiothérapie sein peut-il entraîner une BPCO ?

Non, ce n'est pas une vrai BPCO, mais la radiothérapie peut détruire les bronches et favoriser une insuffisance respiratoire.

  • Une amie a été diagnostiquée BCPO et apnées du sommeil, elle a passé ses examens il y a 6 mois. Elle n'a jamais eu ses résultats. Elle viens de repasser les examens en janvier et n'a pas de réponse du pneumologue. Elle demande quels sont les traitements et s'il faut qu'elle change de pneumologue ? Son médecin peut-il exiger les résultats ? Elle vient d'être arrêtée, elle est a bout de force.

Il faut que votre amie demande les resultats (éventuellement par l'intermédiaire de son médecin traitant) pour débuter un traitement si nécessaire.

  • BPCO Gold IV, IRC, sous OLD 24/24 après un AR en 2012, j'ai eu une pleurite en octobre et depuis j'ai souvent de brefs accès de douleurs thoraciques, quel est le lien pleurite/BPCO s'il y en a un ? Y a t-il un impact sur la médiane de survie avec IMC à 15.8 ?

La pleurite était probablement une complication infectieuse, il n'y a pas de lien avec la BPCO mais les sequelles de la pleurite expliquent vos douleurs. L'IMC à 15.8 signe une dénutrition ce qui est sérieux. Il faudrait améliorer cela si possible par une aide alimentaire et une activité physique adaptée.

  • Je suis asthmatique et j'ai déjà fait 2 broncho-pneumopathie. Est-ce que j'ai un risque d'avoir une BPCO ?

Non, les bronchopneumopathies étaient des infections, il n'y a pas de lien avec la BPCO qui est directement liée à une exposition chronique à des irritants (tabac...).

  • Quels traitements ? A part la cortisone, les antibiotiques sont-ils utilisés ?

L'amélioration des symptômes passe par l'utilisation de bronchodilatateur mais le plus important est le sevrage tabagique. Les antibiotiques peuvent être utiles lors de surinfections bronchiques.

  • On a peu parlé des symptômes en dehors de l'essoufflement. La BPCO est-elle toujours caractérisée par une évacuation de mucus + ou - épais ?

En dehors de l'essouflement, il y a parfois de la toux et des expectorations mais pas toujours.

  • L'évolution de la BPCO peut-elle être stoppée pendant une ou plusieurs années même si l'origine de la BPCO est génétique ?

La focntion respiratoire diminue pour tout le monde avec l'âge même si nous ne sommes pas atteints de BPCO. Cette décroissance est plus rapide chez les BPCO. L'arrêt du tabac empèche l'accélération de cette décroissance.

  • Je suis sous oxygène (3 litres x 18 heures). Lorsque je marche, je m'essoufle si je ne respire pas par la bouche. Ainsi, je préfère marcher sans apport oxygène ... D'où cela peut-il venir ?

C'est un reflexe naturel.

  • Une hernie, même peu importante, peut-elle, en gênant le diaphragme, causer des essoufflements ?

Non.

  • BPCO stade sévère avec emphysème depuis 8 ans, sevrage tabagique depuis 6 ans (j'ai 69 ans). La dyspnée d'effort ne pourrait-elle être soulagée ponctuellement avec un apport d'oxygène ? Car cet essoufflement au moindre effort (faire quelques pas) est très handicapant.

Peut-être ! Il faudrait faire un test de marche de 6 min sans oxygène puis un autre avec de l'oxygène pour évaluer le bénéfice ressenti.

  • Est-ce que le fait d'avoir des bronchodilatateurs comme traitement de fond en association avec le tabagisme actif représente un risque majoré de décompensation respiratoire ?

Non, pas de risque de décompensation. Mais le plus important est d'envisager le sevrage du tabac +++

  • Est-il bénéfique de passer l'hiver dans un pays chaud et non humide lorsqu'on souffre d'un emphysème étant donné que l'humidité augmente les problèmes respoiratoires ?

Cela n'est pas prouvé. Les risques hivernaux pour un BPCO sont les surinfections virales.

  • Que représente le paramètre saturation en O2. Quel est le pourcentage minimum en deça duquel il ne faut pas descendre ?

Le corps humain a besoin d'une saturation en O2 dans le sang artériel > 90%. Certaines personnes peuvent s'adapter et supporter des saturations plus basses.

  • Les douleurs intercostales restent-elles longtemps malgré la prise d'antalgiques ? Est-ce normal ? Lorsque je tousse mais également lorsque j'éternue, j'ai l'impression que tout se déchire à l'intérieur.

Oui plusieurs mois parfois années surtout si les nerfs ont été lésés. Les antaligques mais aussi la kinésithérapie pleurale peuvent être utiles.

  • Nota bene à mon message, polytraumatisé je suis très limité dans mes capacités physiques.

Toute activité physique portant sur l'endurance sera toujours bénéfique pour votre respiration mais aussi votre handicap physique.

En savoir plus

Comme son nom l'indique, la broncho-pneumopathie chronique obstructive touche les bronches pulmonaires. Tout commence avec leur agression par des substances toxiques, en premier lieu le tabac, qui représente 90 % de l'ensemble des cas de BPCO.

Les 10% restants regroupent les BPCO dites "professionnelles". Elles sont causées par des poussières de ciment ou de silice, ou des vapeurs de solvants. Au total, la BPCO est la deuxième maladie respiratoire après l'asthme en France.

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  • Recup'Air
    Réseau de réhabilitation respiratoire.

  • Association BPCO
    L'association s'efforce d'informer au mieux les malades, leur famille et le grand public sur les conséquences de ce fléau national qu’est la Broncho Pneumopathie Chronique Obstructive (BPCO).