Alzheimer : une mutation génétique protectrice ?

Nouvel espoir pour les 30 millions de patients atteints de la maladie d'Alzheimer à travers le monde : des chercheurs de la société islandaise deCODE ont montré qu'une mutation du gène, à l'origine de la protéine précurseur de l'amyloïde (APP), préviendrait l'apparition de la maladie d'Alzheimer et de façon plus générale, le déclin cognitif lié à l'âge.

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Alzheimer : une mutation génétique protectrice ?
Alzheimer : une mutation génétique protectrice ?

Dans le cerveau, l'APP est clivée par une enzyme en une plus petite molécule, la protéine β-amyloïde. Ces protéines ainsi formées s'accumulent et forment des plaques toxiques pour les neurones qui seraient à l'origine de la maladie d'Alzheimer.

Lors de cette étude, une mutation de l'APP a été découverte en analysant le génome, véritable carte d'identité génétique, de 1 795 Islandais, parallèlement à leur histoire médicale.

Cette mutation rare de l'APP, qui ne concerne que 0,5 % des Islandais, semble avoir un impact déterminant dans le développement de la maladie d'Alzheimer : les heureux détenteurs de ce gène auraient cinq fois plus de chance d'atteindre leurs 85 ans sans développer la maladie et vivraient plus longtemps. Cette mutation prémunit également de la baisse du fonctionnement cognitif, comme la perte de mémoire, fréquente chez les personnes âgées.

Pour Kári Stefánsson, auteur de l'étude, la maladie d'Alzheimer et le déclin cognitif seraient intimement liés, ayant pour cause commune l'accumulation de protéine β-amyloïde. Dès lors, un médicament mimant l'effet de la mutation de l'APP pourrait prévenir l'apparition de ces deux pathologies.

La β-sécrétase 1 (BACE) pourrait être la clé tant attendue : c'est l'enzyme qui permet de couper en morceaux l'APP, créant ainsi la protéine pathogène. La même équipe a découvert que la mutation étudiée limitait l'activité de cette enzyme et préviendrait ainsi la maladie d'Alzheimer. Un traitement par inhibiteur de la BACE, limitant l'activité de l'enzyme, reproduirait alors l'effet de la mutation.

Pourtant, prévient Philippe Amoyel épidémiologiste à l'institut Pasteur de Lille, il est difficile de conclure sur l'intérêt d'un traitement par inhibiteur de la BACE. En effet, on ne connait pas le moment où la protéine β-amyloïde devient toxique et donc l'âge auquel l'introduction de ce traitement pourrait s'avérer efficace. Des essais thérapeutiques complémentaires sont donc nécessaires pour espérer changer le pronostic de cette maladie qui reste incurable.

Source : "Gene mutatio n defends against Alzheimer’s disease", Nature, le 11 juillet 2012

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